C'est une histoire de société. (anaphore) C'est une histoire de personnalités. C'est une histoire de processeurs. C'est une histoire de rêves. Il existe presque autant de début que d'historiens amateurs. De fait nous avons choisi un début arbitraire pour notre histoire. Sa pertinence dépend beaucoup de la façon d'intituler "notre" histoire" : la micro-informatique, les micro-ordinateurs, les micro-ordinateurs familiaux et plus particulièrement de trois d'entre eux parmi les plus représentatifs de leur époque. À plus forte raison si l'on considère deux régions dans le monde : Les États-Unis, bien évidemment et l'Europe et plus spécifiquement la France. Disons que cette histoire trouve ses racines en 1970 avec l'Intel 4004. Processeur 4 bits (commandité par Busicom pour équiper une ligne de calculatrices) développé par Intel Corporation en 1971 sous la direction de Federico Faggin. Premier processeur commercialisé (2300 transistors). On va faire l'impasse sur les deux générations suivantes, le 4040 (4 bits, 3000 transistors) et le 8008 (8 bits, 3500 transistors) plutôt destinés à équiper des calculatrices ou des terminaux, pour aller directement au 8080 (8 bits, 4500 à 6000 transistors, big-endian/grand-boutien/gros-boutiste), processeur généraliste dont la production démarre en avril 74. Car c'est sur la base d'un Intel 8080 (cadencé à 2 MHz) que MITS imagine son Altair 8800 qui est présenté en décembre 1974 et fera la couverture, qui restera célèbre, du numéro de janvier 1975 de Popular Electronics. Il est vendu en kit et s'adresse principalement aux amateurs éclairés. Ce micro-ordinateur, vendu en kit, va aiguiser la curiosité et même l'appétit de gens qui vont devenir célèbres assez rapidement. Bill Gates, en parfait opportuniste qu'il est, flaire le bon coup et va convaincre MITS qu'il leur faut doter leur bécane d'un langage de programmation (plus pratique que le langage machine). À l'aide de Paul Allen avec qui il a co-fondé Micro Soft (oui, en deux mots à l'époque), ils vont développer (sur un émulateur de processeur 8008 tournant sur un PDP-10) un interpréteur BASIC pour l'Altair. ATTENTION, Micro Soft n'est pas à l'origine du BASIC. Ce dernier a vu le jour une décennie plus tôt, en 1964, au Dartmouth College. Micro Soft va notoirement participer à sa démocratisation et en fera sa principale source de revenus à ses débuts en l'adaptant sur nombre de micros qui vont alors apparaître sur ce marché en devenir. Pour l'anecdote, ce logiciel sera livré sous la forme d'une bande perforée par Paul Allen en personne qui mettra à profit son voyage en avion pour rajouter le "loader" (indispensable pour le chargement du BASIC dans la RAM de l'ordinateur) qui avait été oublié par nos deux compères. REMARQUE : AMD lance un clone du 8080 courant 1975, sans la moindre licence. REMARQUE BIS : le clonage ne se cantonne pas aux processeurs puisque IMS Associates produira dès août 1975 l'IMSAI 8080 qui ressemble très fortement à l'ALTAIR 8800. (NOTE pour le présentateur : c'est l'ordinateur qu'emploie le jeune héros du film WarGames.) (Interlude) Et pendant ce temps là en France ? Petite querelle au sujet de « qui à "dégainé" le premier ? » En effet la société R2E, par la personne de François Gernelle (et son équipe), imagine et produisent le MICRAL N (basé sur un Intel 8008) dès 1973. 1976 : entre en scène le premier "vrai" héros de NOTRE histoire : Steve Wozniak. (Même si Federico Faggin et Chuck Peddle sont loin d'être des personnages secondaires.) Ses crédos : élégance et parcimonie. Son envie est claire : un ordinateur personnel (un PC en somme ;) Chez Woz, c'est sûrement autant une question d'ego que d'idéaux qui le pousse à vouloir concevoir son propre ordinateur. Parmi les critiques à l'endroit de l'ALTAIR (qui n'en a pas moins ému ceux qui assistent à la première session du Homebrew Computer Club en mars 1975, Woz comptant parmi les participants), l'ergonomie (qui n'est pas vraiment la priorité en ces temps-là) plus que discutable puisque dans sa forme la plus rustique la saisie des données et l'exécution des opérations sont réalisées à l'aide des interrupteurs en façade (les différents états et résultats étant donnés par des diodes électroluminescentes, en bref des LEDs). L'acquisition d'un terminal type Teletype Model 33 est requis pour gagner en efficacité. C'est cher ! Woz veut (avant tout pour lui-même) quelque chose de plus accessible, plus pratique, plus convivial avec un investissement raisonnable pour rester financièrement abordable. Ces objectifs conduiront à la conception d'une carte mère complète (avec CPU - le choix se portera sur le bientôt célèbre MOS 6502 pour son faible prix d'achat - et 4 Ko de RAM) à laquelle il est possible de raccorder un ("vrai") clavier et et surtout un écran (téléviseur ou simple moniteur de vidéosurveillance). Et c'est là qu'arrive sur scène le deuxième illustre personnage de notre grande aventure, Steve Jobs himself ! Jobs n'est pas à proprement parler l'archétype de l'ingénieur mais lui aussi nourrit quelques idéaux, plus sociologiques que techniques. Ils se sont, avec Woz, liés d'amitié quelques temps auparavant et Woz est fier de montrer à son ami sa création. Jobs réalise rapidement l'opportunité qui s'offre à eux. Ce prototype, un peu en avance sur son temps, va devenir le fameux Apple I. Jobs (qui a 21 ans, Woz est un peu plus vieux) décide de vendre son combi Volkswagen pour environ 1.300 dollars et de son côté Woz se sépare, la mort dans l'âme, de sa calculatrice Hewlett-Packard HP-65 pour 500 dollars. L'argent ainsi récolté devant servir à l'achat des composants qui vont permettre de produire la première cinquantaine d'Apple I que Jobs a réussi à vendre, c'est l'une de ses grandes forces, à une boutique d'électronique des environs, The Byte Shop, située à Mountain View, en Californie (bien entendu ;) dont le propriétaire est Paul Terrell. Nous sommes en 1976. Quelques 175 Apple I seront vendus sur environ 200 produits, tous soudés à la main. C'est de l'informatique artisanale. Fort de ce (modeste) succès, Jobs veut passer à l'échelle industrielle avec un ordinateur dont les caractéristiques et surtout le « look » surpasseront le peu de concurrence qui commence à apparaître. Ce sera le mythique Apple II (dans sa première version), toujours griffé Wozniak, bien évidemment. L'ordinateur qui va propulser Apple, la société, sur le devant de la scène et assurer la fortune de ses créateurs (les deux Steve) est présenté en 1977. La presse va rapidement le comparer à deux proches rivaux qui formeront ce qu'on appellera la Trinité de 1977 (Trinity) : CBM PET 2001 (janvier, mais pas disponible avant novembre), Apple II (10 juin) et TRS-80 Model I (août). CBM : Commodore Business Machine PET : Personal Electronic Transactor (https://en.wikipedia.org/wiki/TRS-80) TRS : Tandy RadioShack (https://en.wikipedia.org/wiki/Commodore_PET) TC : Tandy Corporation Apple (https://fr.wikipedia.org/wiki/Apple_II) Les 3 machines sont dotées, de base, de 4 Ko de RAM (éventuellement de 8 pour le PET). Affichage texte : Commodore PET 2001 : 40 colonnes par 25 lignes (= 1000 au total). TRS-80 Model I : 64 colonnes par 16 lignes (= 1024 au total) ; seulement en majuscules. Apple II (premier modèle) : 40 colonnes par 24 lignes (= 960 au total) ; seulement en majuscules. Affichage graphique : Commodore PET 2001 : PETSCI redéfinissable (difficilement). TRS-80 Model I : jeu de caractères semi-graphiques => 128 x 48 "blocs" (colonnes x 2 par lignes x 3). Apple II (premier modèle) : 280 x 192 pixels monochrome. 140 x 192 pixels (basse résolution) en 6 couleurs - avec contraintes - parmi 15. (L'Apple I ne pouvait afficher que du texte.) Devinette 1 : combien font 192 (pixels) ÷ 24 (lignes) ? Devinette 2 : combien font 280 (pixels) ÷ 40 (colonnes / octets) ? Les trois appareils sont dotés d'un clavier mécanique, marquant, peut-être, un véritable souci de "confort" pour l'utilisateur (et peut-être une volonté plus ou moins claire de séduire le marché semi-professionnel) contrairement à ce que bon nombre d'autres micro-ordinateurs familiaux proposaient (ZX81, Spectrum, Atari 400, Thomson TO7 et MO5, etc). On notera toutefois le choix des plus singuliers quant au clavier qui équipe le PET 2001. L'explication tient autant à l'histoire de la société qui est à l'origine du PET que le souci d'économies. Jack Tramiel (un nom qui sera très important dans l'univers de la micro-informatique jusqu'à la fin des années 90) fonde Commodore en 1954 dont la première activité sera l'entretien des machines à écrire (essentiellement pour l'armée américaine). De fil en aiguille la société va devenir fabricant de calculatrices électroniques puis d'ordinateurs (et autres matériels informatiques). Un vrai "bon" clavier coûte cher. Quand le PET est conçu, l'idée de réutiliser des claviers de calculatrices, moins coûteux et déjà employés sur certains modèles (la SR-1540 en particulier) est adoptée. On retiendra que l'Apple II se distingue par deux caractéristiques (potentiellement) importantes : capacités graphiques et slots d'extension (jusqu'à 8 cartes). Malgré des prix de vente très différents (de l'ordre de 600$ pour les PET et TRS-80) contre plus de 1200$ pour l'Apple II, les trois machines ont connu un succès quasi égal, avec un volume de vente estimé entre 40 et 50.000 exemplaires par marque pour la fin 1977 et surtout l'année 1978. Autrement dit, chaque modèle a trouvé son public. Au fait, 1977 est aussi l'année de naissance de la société Oracle, fondée par Larry Ellison. Malgré une année 1978 sans grande surprise, tandis que les trois cités précédemment assoient leur notoriété, d'autres constructeurs veulent leur part du gâteau et certains fourbissent leurs armes. En 1979 Texas-Instruments dégaine son TI-99/4, Atari dévoile ses modèles 400 et 800 tandis qu'Apple et Tandy proposent une deuxième mouture de leur ordinateur vedette, l'Apple II Plus et le TRS-80 Model II (le bien nommé). La nouvelle vague d'appareils (Atari, TI) marque un tournant technologique. Loin de se contenter de composants "standards", ces ordinateurs de nouvelle génération embarquent des processeurs spécialisés. Souvent pour les traitements graphiques, tantôt pour la génération de sons, parfois pour les entrées-sorties et de temps à autres pour une combinaison de ces différents aspects. La conception d'un micro-ordinateur ne se résume donc pas (toujours) au choix d'un processeur principal. On entendra ainsi résonner des acronymes tels que : VDP (TMS9918) : Video Display Processor (TI-99/4 et plus tard 4A). CTIA/GTIA, ANTIC, POKEY : Atari. VIC, VIC-II (MOS Technology 6567/6566/8562/8564 (NTSC versions), 6569/8565/8566 (PAL)), SID (MOS Technology 6581) : Commodore (VIC-20, C64, C128 et autres déclinaisons). ULA : Sinclair ZX. Gate-Array : Amstrad CPC. ASIC : Application-Specific Integrated Circuit (ORIC, Enterprise 64). Et, au fait, en France ? On entend parler de la société SMT de son Goupil G1 (remarquer le coupleur acoustique - MODEM - sur le côté droit). Les fabricants découvrent une nouvelle réalité : le meilleur matériel du monde ne se vend… qu'à condition que l'offre logicielle soit conséquente OU… qu'il y trouve LE programme qui fait la différence. (D'où un piratage logiciel qui est officieusement toléré pour ne pas dire encouragé par les constructeurs tant que cela reste "raisonnable".) Certains programmes vont marquer leur empreinte et seront parfois qualifiés de "killer application". Ils peuvent justifier à eux seuls l'achat d'une configuration qui peut s'avérer fort coûteuse. Cela a été le cas pour VisiCalc, apparu courant 1979. Ce programme en particulier a été, plus qu'une simple innovation, une "vraie" révolution. Si, de nos jours, il vous paraît normal de réaliser vos calculs avec Excel, l'idée d'un tableur ne pouvait être imaginée avant l'avènement de l'ordinateur (avec écran). 1980 : on commence à l'aut' bout de la planète, là où le soleil se lève, chez les champions (au moins à l'époque) de la miniaturisation qui nous offrent le premier ordinateur de poche, le SHARP PC-1211. BASIC, bien sûr, et environ 800 octets de RAM utilisable. Une sorte de chaînon manquant entre la calculatrice programmable (parfaitement représentée par la HP 41 introduite un an plus tôt) et l'ordinateur portable type notebook (qui arrivera deux ans plus tard, également en provenance du Japon, avec l'EPSON HX-20). les anglais entrent dans la danse. Acorn avec son Atom (un de plus basé sur le MOS 6502). Sinclair avec son ZX80 (partisan quant à lui du Z80). En ce début de décennie Apple lorgne vers le monde professionnel. L'Apple II a beau être une machine polyvalente, appréciée par les cols blancs, Apple veut montrer des gages aux entreprises. Fruit d'une conception laborieuse (Woz n'est pas aux commandes), l'Apple /// connaîtra des débuts techniquement difficiles. La machine sera quelque peu boudée et n'arrivera jamais à réellement convaincre. Pour nos deux autres acteurs déjà en place, Tandy et Commodore, 80 marque la découverte de la couleur avec deux nouvelles familles de micros : le CoCo (Color Computer) pour TRS et le VIC-20 pour Commodore. Vu leur peu de RAM (pour les quatre modèles cités, anglais et américains), il ne s'adressent assurément qu'au grand public, plus particulièrement pour l'initiation. L'Atom et le VIC-20 se distinguent toutefois avec un vrai clavier mécanique ("full key travel"), ce qui était remarquable eu égard à leur prix de vente. (Sinclair opte pour un clavier à membrane ; le Coco est doté d'un clavier chiclet.) Deux points à noter : l'adoption du Motorola 6809E par Tandy pour le CoCo (et non du Z80 comme sur les deux premiers modèles TRS-80). De fait, malgré le sigle TRS-80 qui apparaît sur le capot, il s'agit bien d'une nouvelle famille. Second point notable : le développement d'une puce spécialisée, VIC (Video Interface Chip) pour le micro du même nom. Avec le VIC-20, les chiffres s'envolent. Alors que l'on parlait en dizaines de milliers d'unités à la fin de la décennie précédente, on évoque de l'ordre de 2,5 millions de machines vendues durant la "carrière" du VIC-20, c'est à dire entre mi-1980 (juin pour le Japon, janvier 81 suivant pour le reste du monde) et janvier 1985 (soit un peu plus de 4 ans). Le million d'unités vendues (une première pour un micro-ordinateur) est atteint fin 82, début 83. 1981 : on débute l'année avec Sinclair qui présente le remplaçant du ZX80, le ZX81. Une des principales évolutions est l'utilisation de l'ULA (Uncommitted Logic Array) qui permet de remplacer pas moins de 18 circuits employés sur le ZX80. Une machine très rudimentaire mais qui offre l'avantage d'être TRÈS bon marché, surtout si vous savez souder plus la version en kit est vendue 490 Francs (à son arrivée dans l'hexagone). De son côté SMT présente son Goupil G2. Puisque les jeunes cadres dynamiques (les "executives") se doivent d'être opérationnels tout le temps et surtout partout, les portables (disons les TRANSportables) font leur apparition. On citera en particulier l'Osborne 1. Le "jeune cadre" se doit de pratiquer le culturisme s'il veut avoir une chance de porter le… portable (près de 11 kg tout de même sans AUCUNE autonomie - donc pas encore un portatif - ). Texas-Instruments propose une version plus aboutie de son TI-99/4, le 4A. "A" comme "Avancée majeure" puisque ce nouveau modèle embarque un processeur graphique TMS9918A (TMS9918 sur le TI-99/4) qui offre à la machine un affichage bitmap. En Angleterre, un événement majeur est en train de voir le jour sous la forme d'une machine conçue par Acorn et dont le nom est BBC Microcomputer System (plus connue sous la dénomination BBC Micro). Courant 1980, la célèbre BBC démarre un ambitieux programme pédagogique, le "BBC's Computer Literacy Project". Il y est question de vulgarisation de l'informatique et de son usage, auprès de la plus grande audience (britannique s'entend) possible. Pendant plus d'une douzaine d'années les émissions se succéderont sur le petit écran. Outre-Manche, le gouvernement français mettra en place le plan informatique pour tous (IPT) début 85. Sans rapport, c'est par ailleurs l'âge d'or des jeux d'aventure type Heroic-Fantasy (dans la veine de Dungeons & Dragons), notamment sur Apple II, avec des titres qui vont devenir emblématiques comme Wizardry (Sorcellerie en français) et mieux encore Ultima. Côté ordinateurs de poche, CASIO ne pouvait pas laisser SHARP tout seul sur ce créneau et réplique donc avec son FX-702P. Au fait… 1981… ce ne serait pas l'année du PC ? IBM déboule avec fracas (le 12 août) dans le monde merveilleux de la micro avec son Personal Computer 5150, le "PC". Les dirigeants d'IBM ne supportent pas, ne supportaient plus, l'hégémonie d'Apple. Plus important pour l'avenir, avec le PC le micro-ordinateur n'est plus un simple effet de mode. IBM PC 5150 : - Prise pour brancher un lecteur de cassettes - Faible nombre de slots (5) : - 1 pour carte contrôleur de disquettes (2 lecteurs internes et 2 externes) - 1 pour carte graphique (MDA Monochrome Display Adapter - seulement texte / CGA Color Graphics Adapter) - 1 pour port parallèle - [ 1 pour carte extension RAM ] - "Straps"/pontages (à des endroits différents) suivant les révisions - Chips RAM x 9 ("BIT P") pour un total installé de 16 à 64 Ko 1982, notre année "charnière" (presque à mi-chemin de l'Apple II en 1977 et du futur Amstrad CPC 464 qui verra le jour en 1984). L'année 82 voit déferler quantité de marques et de modèles. On ne saura ignorer un "OVNI" côté machines de jeu, une console improbable autant qu'atypique nommée Vectrex qui a la singularité d'afficher des graphismes vectoriels. Pour enjoliver ces écrans forcément monochromes, chaque cartouche était livrée avec un filtre (en acétate de cellulose) coloré à placer devant l'écran. Présentée fin 1982, elle ne sera distribuée que l'année suivante. Après les transportables, les premiers "vrais" portables (ou portatifs ou encore ordinateurs de cartable) Plus proche de nous, un constructeur gallois, Dragon Data, présente son Dragon 32 qui n'est guère mieux qu'un clone du TRS CoCo décrit précédemment. Le très British Sinclair met enfin de la couleur sur nos écrans avec le ZX Spectrum. Toujours en Angleterre, un "machin" étrange arrive comme un cheveu sur la soupe, en grande partie pour marcher sur les plates-bandes de Sinclair avec un concept somme toute assez original. En effet le Jupiter ACE, puisque c'est de lui dont il est question, permet à son propriétaire de programmer nativement en langage FORTH plutôt qu'en BASIC. À noter que les créateurs de cet ordinateur sont deux transfuges de chez Sinclair qui ont travaillé sur les ZX80, 81 et Spectrum. Les "Froggies" ne sont pas en reste, en particulier avec Thomson qui sort le TO7 (à base de Motorola 6809). Kaypro rejoint Osborne sur le terrain des transportables avec le Kaypro II. La famille des ordinateurs de poche s'agrandit avec le CASIO PB-100. SHARP n'est pas en reste qui sort son PC-1251. EPSON (encore un japonais) quant à lui dévoile ce qui sera considéré comme le premier portable format notebook : le HX-20. (La qualité de premier "laptop" revenant au Grid Compass sorti 3 mois plus tôt.) Beaucoup de japonais font parler d'eux en 82, pas toujours en bien. Sanyo, dont on n'avait pas encore parlé, fait, justement, parler de lui. Son PHC-25 avec ses piètres caractéristiques lui vaudra, bien plus tard, d'être qualifié de "pire" ordinateur japonais. Mais c'est très largement exagéré, comparativement aux machines auxquelles il allait se confronter à sa sortie. C'est enfin et surtout l'année du Commodore 64 ! Le C64, ordinateur légendaire s'il en est. Avec lui les quantités diffusées atteignent des sommets stratosphériques. Comptabilité approximative ou documents égarés à la chute du constructeur (en 1994), le fait est que les chiffres s'établissent entre 9 et 17 millions, parfois entre 12 et 25. Avec une telle incertitude les spéculations vont bon train. Que trouve-t-on en ouvrant la coque du C64 ? Tout d'abord le processeur qui N'est PAS un 6502 mais une déclinaison que seul cet ordinateur et ses différentes variantes utiliseront, le MOS 6510 (quasiment identique au 6502 à quelques menus détails près). Viennent à sa suite, qui feront la valeur ajoutée de ce micro, un couple de processeurs maison, les VIC-II (plusieurs modes texte et graphique, affichage bitmap jusqu'à 320 par 200 pixels en couleurs - avec contraintes - à choisir dans une palette de 16 teintes, scrolling matériel et sprites ; ce n'est pas inédit puisque les TI-99 et Atari 400/800 possèdent déjà la faculté de gérer matériellement des "lutins") et SID (Sound Interface Device pour la gestion du son bien évidemment). Ces deux coprocesseurs en particulier vont activement contribuer à l'immense notoriété que va connaître le C64. Sans oublier 64 Ko de RAM, ce qui n'est pas chose courante sur un ordinateur familial en 1982, à plus forte raison pour un prix "raisonnable". Tous ces éléments réunis vont faire du Commodore 64 le micro familial quasi idéal au plus fort de la démocratisation de l'informatique. Tout n'est toutefois pas parfait, il faut être juste et objectif. Lenteur (et côté peu pratique) du lecteur de cassettes et aussi, pas de chance pour l'utilisateur, du lecteur de disquettes partiellement compensée par la présence d'un port cartouche (ROM cartridge) qui rapproche le C64 d'une console de jeux (de l'époque). En cela il se distingue de l'Apple II qui n'a jamais prévu dans ses multiples extensions un tel dispositif. Plus tard Amstrad n'envisagera le principe de cartouches que très tardivement, pour sa dernière génération "plus" (en 1990). À l'inverse cela le rapproche des Atari 400/800 et TI-99 dont il certainement le principal rival. À noter enfin qu'il occupe une place de premier plan dans quelques productions cinématographiques, en particulier dans la série Halt & Catch Fire (et aussi dans le film "23"). L'année 1983 voit, comme la précédente, débarquer pléthore de nouveaux micros. Elle commence en fanfare dès janvier avec l'Apple IIe, troisième révision du plus emblématique des micro-ordinateurs personnels. Ce sera et de loin le modèle le plus vendu (entre 1,5 million à 2,5 million d'unités en l'espace de dix ans). Apple fait coup double le même mois avec, en avant-première, l'interface graphique fenêtrée qui fait son apparition sur l'écran d'un micro. Le micro en question est une grosse bête nommée LISA. Le concept de "GUI" n'est pas né dans les bureaux d'Apple mais dans les laboratoires de Xerox, plus précisément au PARC (Palo Alto Research Center). Mais c'est bien Apple par le truchement de Steve Jobs qui y fait une visite et voit le potentiel d'une telle interface (sans oublier son périphérique fétiche, la souris) sur un ordinateur Alto qui va en assurer la démocratisation. En France, un duo improbable, MATRA et HACHETTE, donne naissance à un ordinateur, plutôt à une machine puisque son nom est Alice qui manque totalement d'ambition sinon que d'arriver à séduire quelques malheureux en quête d'un appareil destiné à l'initiation. Alors, d'une part le duo n'est pas si improbable quand on sait que MATRA et HACHETTE sont dirigés par la même personne. D'autre part, il serait faux de penser que MATRA ait conçu un ordinateur. Alice n'est que le clone gaulois du texan TRS-80 MC-10 de chez Tandy. Un autre constructeur français déjà évoqué, SMT, lance en toute logique le G3 qui a fière allure. Chez les grands bretons, ce ne sont pas seulement de nouvelles machines qui débarquent mais les constructeurs qui vont avec. En vrac Computers avec son Lynx, Tangerine avec l'ORIC-1 (présenté, en fait, en août ou septembre 82 mais sa commercialisation ne commence réellement que début 83) qui connaîtra un certain succès dans l'hexagone et un ordi génial, trop peu connu de ce côté du channel. le MTX500 (ou 512) de la société Memotech qui n'est pas vraiment une inconnue dans le milieu puisqu'elle a fait ses armes en produisant nombre d'extensions devenues aussi utiles que célèbres pour les ZX de tous poils. Hollywood s'en entichera deux ans plus tard pour le film "Une Créature de Rêve" (Weird Science). Outre Atlantique, IBM est talonné par Compaq (fondée par trois anciens ingénieurs de Texas Instruments) qui a vu le jour seulement 6 mois après la sortie du PC et qui présente sa première création, le Compaq Portable (dans l'esprit des Osborne et Kaypro) avec comme crédo d'être compatible avec l'IBM PC. Les japonais quant à eux attaquent sur plusieurs front et en masse. À commencer par Canon avec son X-07, un magnifique (je n'ai pas juré d'être objectif ;) ordinateur de cartable. Et surtout l'artillerie lourde avec un standard dans le monde de la micro : MSX (Machines with Software eXchangeability) avec un ensemble commun de caractéristiques matérielles et propulsé par le BASIC de Microsoft. Représenté par à peu près tout ce qui se fait de constructeurs nippons, coréens, dans une moindre mesure européen(s ?) et, sauf omission involontaire, un seul américain : Sony, Yamaha, Canon (encore lui), Toshiba, Mitsubishi, Sanyo, JVC, Fujitsu, GoldStar, Hitachi, Kyocera, Yashica, Casio, Sharp, Samsung, Daewoo, Philips, Spectravideo, etc. Cette volonté de "normalisation" ne va pas connaître le succès escompté en dehors du Japon, tant la concurrence est rude aux États-Unis et sur le vieux continent. Les amoureux du C64 vont pouvoir commander au Père Noël la version portative de leur machine favorite. Commodore entame la commercialisation du SX-64 (aussi appelé Executive 64) en décembre (bien qu'annoncé en janvier de la même année). 1984 : les années se suivent MAIS ne se ressemblent pas. Le succès des ordinateurs portatifs (format cartable ou notebook) ne se démentant pas, CASIO et EPSON renouvellent leurs gammes avec les PB-700 et PX-8 (Geneva) respectivement. Non loin de là, un ordinateur à l'allure originale, l'Einstein TC-01, dont le constructeur, Tatung, une fois n'est pas coutume, vient d'une contrée (puisque peu sont ceux le reconnaissant comme pays souverain) qui s'était fait discrète jusque là, Taïwan. Un compatriote, Multitech (qui deviendra Acer), se sera fait remarquer deux ans plus tôt avec son Microprofessor II (alias MPF-II), sorte de clone aussi approximatif qu'imparfait d'Apple II. Tangerine corrige les choix malheureux (clavier) et défauts de l'ORIC-1 en lui substituant l'ATMOS. Apple crée la surprise. Pas tant avec l'Apple IIc (c pour compact) qui offre, enfin, aux "apple2maniaques" le moyen d'emmener facilement avec eux leur ordinateur chéri. Le IIc est en effet un matériel de taille réduite, bien que très complet puisqu'il intègre l'essentiel de ce que l'on ajoute sous forme de cartes d'extension sur un II, II+ ou IIe avec en plus un lecteur de disquette. Les esprits chagrins regretteront toutefois l'imposant et pesant transformateur externe. Défaut qui sera corrigé 4 ans et demi plus tard (il faudra attendre septembre 1988) avec son grand frère, l'Apple IIc Plus. (NDA : c'est une de mes machines préférées, esthétiquement parlant.) Non, ce qui va bouleverser le P.M.I. (Paysage Micro-Informatique), c'est la présentation en grande pompe (le 24 janvier 1984) du Macintosh (qui adopte le nom d'une variété de pomme). L'histoire du Mac est rocambolesque qui débute avec des objectifs plutôt modestes dont un cœur à base de Motorola 6809. (Voir document "Qu'est-ce qui distingue, au moment de sa présentation, le premier Macintosh des autres micro-ordinateurs de sa génération ?") Le Macintosh connaît à ses débuts un succès d'estime indéniable mais un succès commercial mitigé au regard de ses caractéristiques matérielles un peu trop limitées et surtout de ce que l'on peut en faire en terme d'applications. Sa bonne fortune viendra de la démocratisation de l'impression Laser et par voie de conséquence de l'essor de la PAO (Publication Assistée par Ordinateur) - imprimante LaserWriter, logiciel Aldus PageMaker - et des arts graphiques assistés par ordinateur. (Voir document "Es-tu d'accord pour dire que le Macintosh connait un succès commercial à ses débuts ? Et si oui, qu'est-ce qui assurera ce succès commercial qu'il connaîtra plus tard ?") IBM aussi, de son côté, permet enfin d'emporter partout son PC avec soi avec le Portable Personal Computer 5155 model 68. Gros biceps requis. :D NON ! Les français ne seront pas absents de la scène micro en 1984. Un engin on ne peut plus original, conçu par trois "transfuges" de Texas Instruments France (qui vont fonder Exelvision) : l'EXL 100. Le numéro 45 de MICRO SYSTÈMES qui paraît en septembre présente (à l'occasion du SICOB) un panorama assez complet des micros disponibles sur le territoire français, soit pas moins de 165 machines. 84 est surtout l'année du CPC 464 qui vient compléter notre triptyque (avec l'Apple II et le C64). Novice dans le monde de l'informatique en général et celui de la micro en particulier, Amstrad est un acteur que personne n'avait vu venir. C'est avant tout un fabricant de matériels audio bon marché qui a su s'imposer au Royaume-Uni et dans quelques autres contrées. Il lorgne désormais sur le monde fascinant de l'informatique familiale (et plus tard professionnelle). Alan Sugar, son fondateur (AMSTRAD pour Alan Michael Sugar TRADing), a une idée assez claire de ce qu'il veut. Apparence flatteuse autant que sérieuse (à l'image des terminaux qu'il voit aux guichets d'enregistrement dans les aéroports), un prix imbattable (il sera difficile de rivaliser avec les prix pratiqués par son compatriote Clive Sinclair), un ordinateur tout intégré (comprenant unité centrale, écran et mémoire de masse) à l'image des chaînes Hi-Fi qui ont fait la réputation (et la fortune) du constructeur. Amstrad est passé maître dans la négociation auprès des fournisseurs et possède une solide expérience quant à la fabrication de produits électroniques grand public. La conception d'un nouvel ordinateur à cette époque est rarement synonyme de long fleuve tranquille. Si j'ai qualifié l'aventure du Macintosh de rocambolesque, celle des premiers pas d'Amstrad dans le monde micro-informatique ne l'est pas moins. L'élaboration du CPC prend un faux départ après avoir misé sur le mauvais cheval (un duo de bras cassés, disparus avec l'avance qu'ils avaient perçue sans demander leur reste). Une fois les bons partenaires trouvés, fiables, motivés et compétents (les ingénieurs d'Ambit International et de Locomotive Software), le projet démarre vraiment et va bon train. Présentation officielle le 12 avril 1984 à Londres (après environ neuf mois d'un intense labeur, durée qui constitue un exploit eu égard au résultat). Venons-en aux caractéristiques techniques. En commençant par noter que si le choix d'origine avait été retenu, le CPC serait mû par un 6502. Finalement non, c'est un Z80, à 4 MHz, qui sera adopté. Clavier mécanique de bonne facture pourvu d'un pavé numérique (peu fréquent sur les micro à vocation familiale avant 1985, en option externe sur l'Apple IIe avant l'apparition du modèle Platinum en 87). Affichage bitmap (trois modes graphique de 160, 320 et 640 pixels de large sur 200 de haut, pas de mode texte) jusqu'à 80 colonnes en standard (ce qui facilitera l'exploitation du système CP/M) sur écran au choix, monochrome ou couleurs. Les couleurs, justement, sont ici chatoyantes (à choisir dans une palette de 27 teintes) qui distinguent le CPC du C64 aux couleurs un peu fades. En revanche, grand regret pour les jeux d'arcade, point de sprite dans les circuits intégrés qui gèrent l'affichage. Ceux-ci n'apparaîtront que sur la gamme Plus en 1990. Pas non plus de lecteur de disquettes dans la première année de commercialisation. Ce dernier, le DDI-1 (livré avec CP/M 2.2 - pour les machines 64 Ko -), ne sera disponible qu'à partir de l'année suivante, 1985, c'est à dire en même temps que la sortie du CPC 664 (avec lecteur de disquette intégré). Difficile de savoir à quel point cela aura été pénalisant pour les utilisateurs (alors que le Commodore 1541 a été disponible au début de la commercialisation du C64). Cela n'affectera pas de façon sensible, semble-t-il, les ventes. Un BASIC d'excellente facture, celui de Locomotive Software, riche et véloce, parfaitement documenté y compris pour les débutants. Le processeur sonore est un banal General Instruments AY-3-8912 qui ne fera du CPC un prodige musical mais lui permettra d'être dans la bonne moyenne (le même processeur équipant bon nombre des concurrents qu'il entend supplanter). Sans oublier bien sûr 64 Ko de RAM qui placent le CPC au niveau des meilleurs (comme le C64 ou l'Apple IIe) en se payant même le luxe d'en offrir un peu plus de libre que le C64 (environ 4 Ko) à ceux qui programment en BASIC (mais potentiellement moins que l'Apple IIe qui peut offrir presque 4 Ko de plus que le CPC). Autre détail, une unique prise électrique pour l'ensemble des composants (comme pour ses chaînes Hi-Fi là encore). Parenthèses???apartés : Politique de systèmes fermés (comme pour le TI-99/4) par opposition aux systèmes ouverts : dans les premiers, le constructeur ne communique peu ou pas d'information, s'octroyant le monopole de la production de logiciels et de périphériques. Au sein même de certaines sociétés, ces divergences de point de vue ne sont pas sans provoquer des tensions. Ainsi Wozniak a toujours été partisan de l'ouverture tandis que Jobs a toujours été farouchement contre. Tout au moins pour la partie matérielle. On le verra avec les premiers modèles de Macintosh "compacts" et bien plus tard aussi avec le logiciel cette fois-ci des tous premiers iPhone (des premières et deuxième générations). L'esprit de "fermeture" ne donnera jamais (ou alors exceptionnellement) de bons résultats en micro-informatique. Ainsi Texas-Instruments ne connaîtra pas le succès avec son TI-99/4A, nonobstant les qualités de la machine. De 1981 aux débuts de 1984, une violente guerre des prix s'engage afin de gagner des parts de marché en vue d'éliminer???éclipser la concurrence. Plus spécifiquement entre Commodore, Texas-Instruments et Atari. Le prix du TI-99/4A atteindra ainsi le prix plancher de 99$, faisant perdre de l'argent à son constructeur. Cette concurrence féroce combinée avec un manque patent de logiciels (causée par la politique de fermeture) précipite l'arrêt du TI-99/4A qui n'aura pas de successeur. 1985 : une autre année riche en nouveaux produits. Arrivée en force des 16/32 bits… qui signe le début de la lente et inexorable fin de règne des 8 bits. Un ordinateur avait annoncé, un an auparavant, l'arrivée des machines 6800X, le QL de Sinclair. Si j'ai tardé à l'évoquer c'est que cette machine n'a constitué, dans la sphère des 16/32 bits, qu'un épiphénomène, qui plus est restreint à l'Europe. Présenté en janvier 1984 (mais livré qu'à partir d'avril de la même année), le QL a pâti de choix discutables (les microdrives et dans une moindre mesure le processeur au rabais, le 68008 de Motorola, qualifié de 8/16/32 bits) et d'un lancement par trop hâtif et par voie de conséquence de défauts de jeunesse qui ont irrémédiablement terni son image et l'ont empêché de connaître le succès commercial. On notera pour l'anecdote que, après le VIC-20, le QL est le deuxième ordinateur sur lequel le jeune (adolescent à l'époque) Linus Torvalds (le futur créateur de Linux) continue son apprentissage et mène ses expérimentations. Bien que commençant à être en perte de vitesse, les 8 bits n'entendent pas capituler aussi facilement et nous aurons droit à quelques coups d'éclat. Ce sont, à seulement quelques jours d'intervalle (en juillet 85), les Atari ST et Commodore Amiga qui ont pour ambition d'assurer la relève dans le monde des micro-ordinateurs familiaux et, pourquoi pas, dans certaines niches à des fins professionnelles. (Le Macintosh n'est pas mentionné ici car il n'a clairement pas des visées "familiales".) Le Motorola 68000 (parce que, a priori, 68000 transistors) est déjà un "vieux" processeur (apparu en 1979) quand il se voit adopté successivement par Apple (pour les LISA puis Macintosh) et Sinclair (dans sa version "light" moins coûteuse, 68008, pour le QL), le ST d'Atari et l'Amiga de Commodore (et également les HP LaserJet en 84 et Apple LaserWriter en 85). Un peu avant, Sun l'aura choisi pour ses Sun-1 (en 82) et Sun-2 (en 83). Et aussi, en 1982, une étrangeté signée Tandy, le TRS-80 Model 16 (fromage ET dessert, Z80 et 68000). Envisagé un moment pour équiper l'IBM PC, ce sera finalement l'Intel 8088 qui sera retenu. Le début d'année est marqué (en janvier) par l'arrivée du Commodore 128 (son grand frère, le 128D, sera distribué à partir de l'année suivante). C'est une réelle évolution puisqu'il est animé par les deux principaux processeurs 8 bits de la décennie, le toujours vaillant 6502 (plus exactement un MOS 8502 à 1 ou 2 MHz, parfaitement compatible 6510) complété par un coprocesseur graphique dopé, le VIC-IIe (qui offre notamment un affichage 80 colonnes) et le Z80 qui dote le C128 de la compatibilité CP/M. Le tout accompagné bien évidemment de 128 Ko de RAM, d'où son nom. Tatung propose un successeur au TC-01, l'Einstein 256 (256 Ko de RAM dont 192 de VRAM). Amstrad dit au revoir aux cassettes et fête la disquette toute puissante avec le lancement du CPC 664. Fruit d'une stratégie de mondialisation qui semble avoir eu des ratés, le 6128 lui emboîte le pas à peine quelques mois plus tard, la même année. En septembre, Amstrad ringardise la machine à écrire traditionnelle (mécanique) vieille d'environ un siècle en introduisant le PCW8256. Toutes ces machines ont en commun d'avoir, outre un processeur Z80, un lecteur de disquettes 3 pouces (et non 3"1/2 qui est le successeur tout désigné du 5"1/4). Choix que seule une poignée d'autres acteurs se sont risqués à faire (Amstrad pour les familles CPC et PCW, Tatung pour ses deux modèles d'Einstein et avant eux Tangerine pour le Microdisc à brancher sur les ORIC). La décision est, on pourrait s'en douter avec Amstrad, dictée par des considérations purement mercantiles???pécuniaires???économiques. En effet, le format n'ayant pas connu le succès escompté, les lecteurs ont été quasiment bradés par leurs fabricants, Matsushita (National Panasonic) et Hitachi. Une décision qui ne sera pas sans conséquence. L'on connaîtra des pénuries de médias (les disquettes quoi), aggravées par la perte en mer d'un conteneur lors de son transport???acheminement vers l'Europe. Microsoft, épaulé par toute la clique de constructeurs MSX, récidive avec la norme MSX2 bien évidemment plus ambitieuse que la première (et qui sera suivie d'une MSX2+ en 1988 et se conclura en 1990 avec la norme MSX turbo R que seul Panasonic ralliera avec ses FS-A1ST et FS-A1GT à la courte durée de vie). Et comment oublier celui qui en aura fait baver plus d'un (à commencer par votre serviteur), qui aura eu un arrière goût de miroir aux alouettes, je veux parler de l'ENTERPRISE 64 (ou 128). Il est certes basé sur un Z80 qui commence à accuser le poids des années mais les caractéristiques annoncées sont si séduisantes. REMARQUE : cette présentation n'avait pas la prétention ni l'objectif de faire un tour d'horizon exhaustif des modèles de micro-ordinateurs apparus au vingtième siècle, ils sont bien trop nombreux pour cela. Et le nombre de constructeurs, petits et gros, est également tout simplement faramineux, surtout si l'on y intègre les fabricants de clones. Retentissement fulgurant querelles intestines péripéties - Image pour introduire chaque année - [ Chanson / musique ] " " - [ Fait marquant / événement ] " " - [ Couverture de revue informatique représentative (France / International) ] - [ IDEM mais en France ] " " - Langage de programmation (c'est fait avec BASIC et dans une moindre mesure avec le FORTH) Anecdotes : - J'ai fait mes premiers pas en BASIC sur des SHARP PC-1211/1212 en 1983 à Montreuil en seconde Gestion. - Le ZX81 est le premier ordinateur que j'ai possédé, acheté d'occasion à un camarade d'école, en Seconde Technique, aux environs d'octobre 83. - J'ai serré la main du créateur d'Ultima. C'était dans une soirée à Londres à l'occasion du PCW Show en 1988. - J'ai eu l'honneur d'écrire des articles pour la revue MICRO-SYSTÈMES (en mai et juillet 1992). - J'ai échangé un Apple LISA contre une console Vectrex. https://miro.com/app/board/uXjVJ4dAiPk=/